Comment regarde-t-on ?

Force est de constater…

Notre regard sur l’image a changé en quelques décennies.

D’objet artistique majeur ou de support incontournable de documentation de l’actualité, nous en sommes arrivés à un média presque sans saveur, témoin devenu lisse d’un quotidien noyé par l’information.

Au delà de la perte de sens globale de ce média, j’en suis arrivé à me demander comment nous nous regardons par le biais de l’image, quelle valeur a encore celle-ci et surtout si l’image au sens photographique peut encore émouvoir.

Sans doute aussi par amour, je veux lui donner un sens dans un monde chamboulé par les algorithmes et “l’intelligence” artificielle. J’offre donc ici un regard personnel sur l’art du portrait, clairement à contrecourant de la facilité, mais toujours dans une narration, posé dans l’instant ténu d’une réalité parfois fantasque.

La plupart des compositions sont réalisées avec une technique de double exposition sur film argentique, puis numérisées à partir du négatif.

Certaines sont encore peaufinées numériquement.

Toutes les compositions sont issues d’une prise de vue argentique.

Mouvement 1 - Apparitions

Doubles expositions argentiques diffuses.

Je te propose de découvrir ici la matrice de ce projet, le cœur qui a fait vibrer mes images. La double exposition permet avec une seule portion de négatif mais deux prises de vues distinctes de faire se rencontrer des éléments improbables, inattendus et révélés uniquement dans la chambre noire, parfois longtemps après le shooting.

La rencontre du visage et du paysage, encore fragile, encore réversible.

Sur le même cadre,

un visage et un hiver

qui se reconnaissent.

Sur le même cadre,

un visage et un hiver

qui se reconnaissent.

Mouvement 2 - Mémoire et Matière

Ici, l’argentique seul seul ne peut pas dire - ou ne dira qu’à condition d’être touché à nouveau.

Le geste prend le pas sur la sujet, la mémoire devient une pâte pétrie par un geste nouveau, et devient autre chose, une autre émotion.

ICM, (Intentional Camera Movement) peinture au doigt sur scan, retouches manuelles… La technique s’hybride.

Mes doigts sur l'image,

la mémoire devient pâte —

le souvenir cède.

Mouvement 3 - Corps

Des nus offrant une progression douce, rêveuse et contemplative d’abord, pour aboutir à des compositions plus assumées, plus droites mais toujours narratives.
Cette section peut être stoppée à tout instant pour passer au quatrième mouvement, tout en gardant une cohérence globale.

Du voile à la peau,

chaque corps prend lentement

le poids de la lumière.

Mouvement 4 - Lumière

Le projet se referme sur mes poses longues, plus abstraites mais contemplatives. Le sujet s’efface derrière l’appareil, la technique dissout l’air et le temps.

Le brouillard hésite,

quelque chose s'écrit sans rien

que l'attente nue.